Des lycéens de Massy ont interrogé quatre doctorants sur leur thèse et leur paie
À l’ENS Paris-Saclay, des élèves de 2de de Massy ont enquêté sur quatre profils anonymes avant de poser leurs questions sur la thèse, la paie et les parcours.
En bref
- Une classe de 2de du lycée Parc de Vilgénis, à Massy, a rencontré quatre doctorants lors de la Fête de la science.
- L’animation reposait sur un jeu de devinettes avec buzzer, animé par l’association S[cube].
- Les élèves ont questionné les chercheurs sur leurs conditions de travail et leurs parcours.
- Plusieurs doctorants ont connu des réorientations, un point qui a rassuré une lycéenne.
Un sujet de thèse naît d’abord d’une passion, et les lycéens ont pu le constater de près : lors de la Fête de la science, une classe de 2de du lycée Parc de Vilgénis, à Massy (Essonne), a posé ses questions à quatre doctorants issus de laboratoires différents, comme le rapporte L’Étudiant.
La séance se tenait à l’ENS Paris-Saclay, dans une animation de l’association de médiation scientifique S[cube]. Les élèves arrivaient avec des interrogations très concrètes : comment choisit-on son sujet de thèse, est-on payé pour faire de la recherche, à quoi ressemblent les journées d’un chercheur ?
Un jeu de devinettes pour apprivoiser la recherche
Répartis en quatre équipes, les élèves ont d’abord dû estimer la durée d’une thèse. Les propositions allaient d’un ou deux ans jusqu’à dix ans, avant que la médiatrice scientifique My-An Tran tranche : « C’est trois ans en général ».
Le déroulé du jeu tenait en quelques étapes :
- quatre profils anonymisés de doctorants s’affichaient au tableau, avec des phrases énigmatiques comme « Parfois je découpe des carottes de glace » ;
- les élèves devaient associer chaque phrase à un chercheur, qui ne pouvait répondre que par « oui » ou « non » ;
- pour obtenir le droit de questionner, une équipe munie d’un buzzer devait d’abord réussir une question de quiz ;
- au bout d’une demi-heure, chaque équipe avait globalement identifié les quatre profils.
Chaque doctorant s’est ensuite présenté quelques minutes au tableau, puis a discuté avec chaque groupe.
Du climat d’il y a un million d’années au sommeil
Deux sujets de thèse ont particulièrement retenu l’attention des adolescents.
| Doctorante | Objet de recherche | Ce qu’elle a expliqué |
|---|---|---|
| Emma Samin | Le climat de la Terre d’il y a un million d’années | Elle analyse des carottes de glace très ancienne extraites en Antarctique et se dit payée comme chercheuse, donc plus vraiment étudiante. |
| Leana Razaghi | Le sommeil | Elle implante des cellules dans des souris, étape qu’elle juge nécessaire avant de passer à l’échelle humaine. |
À la question sur d’éventuelles bactéries sous la glace, Emma Samin a répondu avec prudence : « Pour l’instant, on émet l’hypothèse qu’il n’y a pas de virus dangereux contenus dans cette glace-ci, mais on ne connaît pas tout encore… »
Ce que retiennent les élèves
Les échanges ont porté sur les conditions de travail, le rythme des journées, les parcours universitaires et les loisirs. Imène et Manel disent ne pas avoir la foi de faire autant d’études, mais elles ont apprécié de rencontrer des personnes capables de partager leurs passions.
Mariane, elle, s’intéresse aux sciences et à la politique sans savoir encore vers quoi s’orienter. Pour elle, « voir que tous n’ont pas réussi du premier coup à trouver leur voie et se sont réorientés, me rassure ». Ceux qui hésitent sur leur trajectoire peuvent aussi consulter notre article sur les passerelles de réorientation.
Côté chercheurs, la rencontre a aussi son intérêt. Leana Razaghi confie que parler de son sujet « me rappelle pourquoi j’aime ce que je fais, ça me remotive ». Antonin Boisneault, en thèse de mathématiques appliquées, estime qu’« il faut montrer que les chercheurs ne sont pas que des vieux messieurs aux cheveux hirsutes ».
Photo : Yan Krukau / Pexels
