En STI2D, le projet de l’année prend tout son sens jusqu’au Grand oral

De la première à la terminale, la spécialité STI2D change de nom, de volume horaire et d’épreuve. Voici les repères sur les cours, les champs étudiés et le bac.

Alain Lansel Par Alain Lansel
4 min de lecture
En STI2D, le projet de l’année prend tout son sens jusqu’au Grand oral
Un élève manipule un petit montage électronique composé d’un moteur et de fils, lors d’une activité manuelle en atelier.

En bref

  • En première, la spécialité I2D occupe 9 h par semaine ; en terminale, la 2I2D passe à 12 h.
  • Quatre champs spécifiques existent en terminale : ITEC, AC, EE et SIN.
  • Depuis la session 2026, l’épreuve comprend une partie écrite et une partie pratique.
  • Le Grand oral s’appuie sur le projet mené pendant l’année.

Dans la filière STI2D, l’enseignement de spécialité change d’intitulé entre la première et la terminale : on commence par IT et I2D, puis les deux se réunissent en 2I2D, c’est-à-dire ingénierie, innovation et développement durable. Entre 26 000 et 27 000 lycéens s’orientent vers cette voie tous les ans à l’issue de la seconde générale et technologique, d’après les données du ministère de l’Éducation nationale relayées par L’Étudiant.

Un bloc technologique en deux enseignements

En première, la spécialité I2D (ingénierie et développement durable) s’ajoute à la spécialité PCM, c’est-à-dire physique-chimie et mathématiques. Avec IT (innovation technologique), elle forme deux enseignements distincts, mais réunis dans un seul bloc technologique.

En alternant cours théoriques et travaux pratiques, les élèves examinent un produit ou un système issu de l’industrie selon trois approches : la matière (la structure et la forme), l’énergie (son usage et sa transformation) et l’information (la manière dont le système est commandé).

En première : l’expérimentation avant tout

L’I2D pose les bases scientifiques et technologiques par une approche surtout expérimentale. Elle occupe 9 h par semaine et s’achève par la présentation d’un mini-projet, par exemple un robot guide pour musées doté d’une intelligence artificielle.

Jacques Morganti, enseignant en classe de première au lycée Blaise Pascal de Châteauroux (36), explique : « Je ne dissocie pas les spécialités IT et I2D, qui sont très complémentaires. » Dans sa classe, les élèves analysent d’abord un emballage du quotidien grâce à ses pictogrammes, puis entrent dans une démarche de projet sur la seconde vie d’un produit. Ils utilisent alors des logiciels de bureau d’études pour concevoir un objet en dessin 3D, avec de la programmation.

En terminale : quatre champs pour choisir

La 2I2D prolonge le tronc commun de la première et le met en pratique dans l’un des quatre enseignements spécifiques. L’horaire hebdomadaire atteint 12 h, dont 8 h consacrées au champ retenu, avec un projet qui doit réunir énergie, développement durable et technologie.

Homme de profil devant un écran d’ordinateur affichant un modèle 3D jaune dans un logiciel de conception, sur un bureau.
Un homme travaille sur un modèle 3D affiché dans un logiciel de conception sur son écran d’ordinateur. Photo : ThisIsEngineering / Pexels
Champ Ce que l’on y travaille
ITEC Étude mécanique des systèmes et simulations de résistance des matériaux
AC Bâtiment durable : éco-isolation et maquette numérique
EE Maîtrise des flux d’énergie, de la production à la consommation
SIN Réseaux, programmation de systèmes électroniques souvent autonomes, communication sécurisée

Anthony Dupuis, qui enseigne en classe de terminale dans le champ ITEC du même lycée, donne un exemple de projet : « Il peut s’agir, par exemple, d’imaginer la motorisation d’un chariot à bagages pour aéroport afin d’aider une personne à mobilité réduite ».

Compétences visées et qualités attendues

De la première à la terminale, le programme se concentre sur sept grandes compétences. Les élèves apprennent à :

  • décrire les caractéristiques de produits ou de composants en vue d’une utilisation réfléchie, au regard des enjeux de durabilité ;
  • repérer les facteurs qui pèsent sur la conception et l’évolution d’un produit ;
  • analyser son organisation fonctionnelle et structurelle ;
  • faire connaître une idée, une solution ou un projet, y compris dans une langue étrangère ;
  • concevoir une réponse adaptée à un besoin donné ;
  • mettre en place une simulation, puis s’appuyer sur ses résultats afin de valider une performance ;
  • tester, puis fabriquer des prototypes ou des maquettes.

Côté enseignants, on attend des élèves de l’autonomie, le goût du travail en équipe, une bonne capacité d’écoute, de la curiosité et un sens pratique de la création. Il faut aussi de solides acquis en français, en anglais technique, en mathématiques et en physique.

L’épreuve du bac depuis 2026

À partir de la session 2026, l’épreuve portant sur l’ingénierie, l’innovation et le développement durable est organisée en deux parties.

3 h 30partie écrite, notée sur 20, coefficient 9
2 hpartie pratique, notée sur 20, coefficient 7

Pour la partie pratique, Anthony Dupuis précise : « Lors de cette épreuve pratique, l’élève devra améliorer un système existant ».

À l’instar de la voie générale, les élèves de la voie technologique présentent également un Grand oral, qui prend appui sur le projet conduit tout au long de l’année.

Photo : Vanessa Loring / Pexels

Alain Lansel

Orientation, études, examens, vie étudiante et métiers

Alain Lansel

Alain Lansel a été conseiller d'orientation en lycée pendant près de trente ans, dans l'Aisne puis en région parisienne. Il écrit sur les métiers : formations d'accès, salaires, conditions de travail, évolutions possibles. Il s'appuie sur les fiches officielles et sur les professionnels qu'il interroge lui-même. Il chante dans une chorale et passe ses étés dans le Limousin.