Orientation

Parcoursup ne sera pas supprimé : Philippe Baptiste vise des corrections pour 2027

Face aux lycéens qui réclament son abrogation, Philippe Baptiste défend la plateforme et promet plus de transparence sur le classement des candidats.

Hélène Bourdarias Par Hélène Bourdarias
3 min de lecture
Parcoursup ne sera pas supprimé : Philippe Baptiste vise des corrections pour 2027
Une jeune femme avec un ordinateur portable et un téléphone, assise sur une table dans un couloir d’établissement.

Non, Parcoursup ne disparaîtra pas, du moins si l’on en croit Philippe Baptiste. Philippe Baptiste écarte toute suppression de Parcoursup : il privilégie des ajustements, attendus pour la session 2027. Pour les lycéens qui préparent leur orientation, la procédure de vœux reste donc le passage obligé, avec des ajustements encore à l’étude.

En bref

  • Invité de France Info le vendredi 9 octobre, Philippe Baptiste a écarté toute abrogation de Parcoursup.
  • Le ministre rappelle qu’un million de candidats passent par la plateforme pour rejoindre le supérieur.
  • Il veut plus de transparence sur les algorithmes locaux des formations et envisage des regroupements.
  • Des premières propositions doivent être remises au Premier ministre d’ici fin octobre.

Une revendication lycéenne frontalement rejetée

C’est sur le plateau de France Info, le vendredi 9 octobre, que le ministre a tranché. Mettre fin à Parcoursup fait pourtant partie des demandes les plus portées par les lycéens depuis le début de leur contestation, et certains partis politiques appuient cette revendication. Philippe Baptiste ne l’entend pas ainsi et qualifie la proposition sans détour : « C’est de la démagogie pure ».

Comme le rapporte L’Étudiant, le ministre juge cette position « pas très responsable » au regard de l’ampleur de la tâche que la plateforme assure chaque année.

Les arguments du ministre pour garder la plateforme

Son premier argument tient à l’échelle. Il faut bien répartir les candidats entre les établissements du supérieur, et Parcoursup en gère un volume considérable.

1 millionde candidats à affecter dans le supérieur via la plateforme
25 000formations proposées sur Parcoursup

Deuxième argument, l’absence de solution de rechange. Philippe Baptiste affirme n’avoir jamais entendu les partisans de la suppression exposer ce qu’ils installeraient à la place. Il lance à leur intention : « Il faudra m’expliquer comment vous voulez faire ».

Quatre adolescents discutent dans une salle de classe : deux assises à une table, deux debout devant un tableau blanc.
Des lycéens échangent dans une salle de classe, deux assis à une table et deux debout près d’un tableau blanc. Source : Pexels. Photographe : RDNE Stock project. Licence Pexels.

Enfin, le ministre défend le fonctionnement même de l’outil. Selon lui, Parcoursup se contente de mettre en relation des lycéens et des formations, et son code est accessible en source ouverte depuis longtemps. Il insiste : « il n’y a rien de magique derrière, pas d’algorithme ».

Ce que le ministre veut améliorer pour 2027

Refuser la suppression ne signifie pas tout conserver en l’état. Le ministre reconnaît que la plateforme doit évoluer, et il résume sa ligne ainsi : « il faut apporter plus de lisibilité au système, plus de transparence et travailler sur des points précis ». Trois pistes se dessinent :

  • La sélection des candidats : revoir la façon dont chaque formation choisit ses futurs étudiants.
  • Les algorithmes locaux : rendre plus transparents ces outils propres à chaque formation pour classer les dossiers. Sur ce point, le ministre estime qu’il faut aller plus loin.
  • Le regroupement de formations : une idée seulement esquissée, pour alléger l’offre affichée.

Cette dernière piste répond à une difficulté que beaucoup de candidats connaissent en faisant défiler les résultats. Le ministre l’admet lui-même : « parce qu’il y a parfois un sentiment un peu abyssal dans le fait d’avoir 25.000 formations devant vous, c’est vrai ».

Ces orientations restent des pistes, pas des décisions. Si vous êtes en terminale cette année, rien de ce qui précède ne modifie encore la procédure que vous allez suivre : les changements évoqués visent la session 2027.

Un calendrier serré d’ici fin octobre

La suite se joue à deux ministres. Philippe Baptiste et Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, doivent remettre d’ici fin octobre à Sébastien Lecornu, chef du gouvernement, une première série de pistes pour faire évoluer Parcoursup. Les élèves de première, qui formuleront leurs vœux sur la session 2027, ont tout intérêt à suivre le contenu de ces propositions, et à garder un œil sur notre rubrique orientation après le bac pour préparer leurs choix.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Andrea Piacquadio. Licence Pexels.

Hélène Bourdarias

Orientation, études, examens, vie étudiante et métiers

Hélène Bourdarias

Hélène Bourdarias a enseigné les lettres en lycée pendant vingt-cinq ans, dont dix en classes préparatoires. Elle écrit pour Diplomea sur les études supérieures : licences, BTS, écoles, calendrier Parcoursup, poursuites d'études. Elle vérifie chaque date d'inscription sur le calendrier officiel de l'année en cours. Elle tient depuis 1991 la liste de tous les romans qu'elle a lus.